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Patrick Colm Audley

Patrick Colm Audley

Hacker · Full-Spectrum Technologist · Polymath

Le bloc galicien — de Sniatyn à Mundare

La migration derrière les noms Bohaychuk et Hrynyk de l’arbre généalogique.

L’ancrage familial

Ce que retiennent les registres est sobre et précis. Teodor Bohaychuk, né en 1853 en Halychyna — la Galicie —, est mort en 1947 à Vegreville et a été inhumé au cimetière paroissial gréco-catholique ukrainien Spas-Maskalyk de Mundare. Les Hrynyk venaient de Sniatyn, dans la région de Pokuttia : Wasyl Hrynyk (né en 1833) et Maria (née en 1836), tous deux nés à Sniatyn, tous deux morts à Mundare. Le recensement a consigné l’origine de la famille en un seul mot : Ukrainien. Tout ce qui suit est le monde documenté dans lequel s’inscrivent ces quatre dates et lieux.

Le coin le plus pauvre d’un empire

La Galicie et la Bucovine voisine formaient les marches orientales de l’Empire austro-hongrois — parmi les terres agricoles les plus pauvres d’Europe, travaillées par des familles paysannes sur des parcelles morcelées au-delà du seuil de subsistance. Dès les années 1890, une politique d’immigration canadienne menée par Clifford Sifton recherchait précisément ces gens : des cultivateurs aguerris prêts à défricher la prairie. Le discours de recrutement voulait, selon sa propre formule tristement célèbre, des « robustes paysans en manteaux de peau de mouton ».

Un quart de section et un toit de mottes

En vertu de la Loi des terres fédérales (Dominion Lands Act), un colon pouvait revendiquer 160 acres — un quart de section — moyennant des frais d’enregistrement de dix dollars, le titre s’acquérant par le défrichage et la culture sur trois ans. Les premiers arrivants dans la forêt-parc du centre-est de l’Alberta passaient souvent leurs premiers hivers dans un burdei : une habitation d’une seule pièce creusée dans la terre et couverte de mottes de gazon, tenant chaud à la manière d’un caveau à légumes. Il fallait défricher la broussaille à la main avant de pouvoir labourer.

La plus grande colonie ukrainienne du Canada

Les familles ne s’installèrent pas en fermiers dispersés mais en un seul bloc dense, au nord-est d’Edmonton — s’étendant vers 1914 sur quelque 110 km d’Edna-Star à l’ouest jusqu’à Vegreville et Mundare au sud. Ce fut la plus grande colonie ukrainienne du genre au Canada, assez dense pour que les marchands écossais et autres, dans des villes comme Mundare, apprennent à servir leur clientèle en ukrainien. L’Église gréco-catholique ukrainienne vint avec les colons ; les Pères basiliens fondèrent leur monastère à Mundare en 1923. Le cimetière où repose Teodor Bohaychuk fait partie de ce monde — le cœur institutionnel de la colonie, et non un cimetière isolé.

Ce que ceci est, et n’est pas

Il ne s’agit pas d’une affirmation sur l’héroïsme ou les épreuves d’un ancêtre en particulier — les registres ne soutiennent pas un récit aussi précis. C’est le contexte documenté dans lequel a vécu une famille galicienne de cette génération, finissant dans ce cimetière. La texture est réelle ; l’intériorité individuelle reste là où elle doit rester.

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